Patrice de Ravel, Canoë-Kayak Magazine n° 218, décembre 2010-janvier 2011 :

Âgé d’à peine 20 ans, Ilya Klvana interrompt ses études de biologie et s’embarque pour la grande aventure : traverser le Canada de l’océan Pacifique à l’océan Atlantique par les lacs et les rivières – un périple de 9 000 kilomètres !
Souhaitant ne consacrer qu’une saison, de la débâcle à l’embâcle, à son projet, il choisit d’utiliser un kayak, plus rapide qu’un canot et beaucoup plus adapté à la fin du parcours, le golfe du Saint-Laurent.
Il consacre un hiver à la construction d’un kayak sur mesure en lamellé-collé époxy, et part de Prince Rupert, en Colombie-Britannique, au début de mai 1999, pour atteindre le nord de Terre-Neuve – la fameuse Anse aux Meadows où s’établirent des Vikings – à la fin de novembre.
Son bateau se révèle être un excellent compagnon. Léger aux portages, habile dans les rapides, passant sans problème les vagues parce que ponté, il vient moins difficilement qu’un canoë à bout des vents contraires des Grands Lacs et des glaces du littoral du grand fleuve québécois. Il a été l’un des éléments de la réussite du projet qui semblait un peu fou.
Tout au long de l’itinéraire, l’auteur se joue, en véritable coureur des bois héritier des pionniers de jadis, des rapides et des portages, des cours d’eau comme des éléments, au sein d’une nature peuplée d’animaux sauvages, castors, orignaux, ours et loups. Il goûte, à travers ses journées d’effort intense, la rencontre avec les Indiens et les descendants des colons, la pêche au doré et au brochet, les nuits dans la forêt boréale… Ce périple en solitaire et en une seule saison de navigation constitue une première mondiale.
Son récit rédigé au présent de l’indicatif est d’une grande vivacité. Son style alerte transcrit parfaitement ses enthousiasmes, ses difficultés, son bonheur à réaliser son rêve de vie en pleine nature. Ilya Klvana embarque littéralement son lecteur à bord de son kayak et l’entraîne dans son sillage. Voilà un formidable récit pour passer l’hiver le nez rivé sur des cartes, les yeux dans les étoiles

Dominique Berteaux, professeur d’université (UQAR), 28 décembre 2010 :

J’ai terminé de lire ton livre il y a quelques jours et j’ai fait un très beau voyage ! J’ai l’impression d’avoir traversé le lac Supérieur, d’avoir descendu les rapides Deschênes (du mauvais côté !) et d’avoir lutté contre le froid et les vagues dans le golfe du Saint-Laurent… En fait je crois que je ne verrai jamais plus l’eau tout à fait de la même façon. Félicitations, j’ai trouvé le livre très bien écrit, toujours excitant, et il m’a fait une fois de plus réfléchir à ce qui pousse les jeunes hommes à risquer leur vie au moment de l’entrée dans l’âge adulte : un sujet universel. Sans compter le plaisir de voir en mots les paysages variés du Canada boréal. Entre la construction de ton premier kayak et la diffusion de ce livre, quelle magnifique épopée !